LE JOURNAL D’EVA BRAUN

Ce  livre est sorti aux Editions du Pierregord en 2012. Il a été réédité chez Pocket

le 2 juillet 2015.

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Eva a 17 ans. Elle tombe follement amoureuse. L’élu de son coeur a 40 ans. On parle souvent de lui dans les journaux. Cerains le disent promis à un brillant avenir. Il s’appelle Adolf Hitler.

Un lecteur a dit

Cette lecture fut assez dure psychologiquement. Voir cette femme adorer, vénérer un être aussi abjecte que fut le Führer, c’est atroce.La voir s’effacer, se détruire pour n’être plus que l’ombre d’elle-même et se sentir toujours plus près de lui. Assister à ses angoisses de ne plus le revoir, d’être trompée, aux effusions de leurs retrouvailles. Découvrir les fastes de sa vie de « Pompadour du Reich », les longues soirées rythmées par les monologues du Führer, les blagues des chefs nazis. tous ça en pensant au drame qui se déroule en même temps, c’est très vite oppressant, écoeurant mais étrangement très instructif.En effet, je me suis posée la même question que des millions de personnes se sont posées ou se poseront un jour : comment autant d’hommes et de femmes modernes ont pu perdre toute empathie, toute humanité, et feindre l’ingorance alors qu’on envoyait à la mort des millions d’autres ? Cet écrit apporte un semblant de réponse ou du moins peut nous éclairer sur les pensées des allemands de cette époque, sur ceux qui ignoraient réellement, ceux qui se sont tus, et ceux qui ont voulu agir (comme Sophie Scholl que l’on croise au détour d’une page). Sur cette femme à l’image de sa nation qui, embriguadée par un homme, s’est rendue complice de crimes abominables.

Synopsis

Il arrive parfois qu’une adolescente s’éprenne d’un homme bien plus âgé qu’elle. La fascination est encore plus aigue lorsque l’homme en question est auréolé d’une gloire naissante et fait couler l’encre des journaux et des magazines. Eva a 17 ans en 1929. Elle travaille chez Hoffmann, photographe officiel du Parti National-socialiste, un mouvement dont la popularité ne cesse de grandir au fil des élections. Par un bel après-midi d’octobre le chef du Parti entre dans la boutique. Il a 40 ans. C’est un homme affable, souriant, décontracté. Il montre immédiatement un réel intérêt pour la petite employée. « Il me dévorait des yeux » écrira t’elle à une de ses amies. Eva est captivée par le regard clair, la voix grave et le port altier de celui que beaucoup appellent déjà le Führer. Trois ans plus tard elle devient sa maîtresse et s’accrochera désormais au rêve du mariage. Mais l’agitateur d’extrême-droite devenu Chancelier veut rester célibataire aux yeux de son peuple. Imbu de sa mission, de son sacerdoce, sa seule épouse ne peut être que l’Allemagne. De campagnes électorales en campagnes militaires, dans la paix comme dans la guerre, dans la victoire et la défaite, Eva passe ses journées dans l’oisiveté à attendre le bon vouloir de son amant. Amoureuse clandestine, aveuglée par sa passion, elle se construit un destin tout entier contenu dans l’ombre portée d’Adolf Hitler. Elle pose ainsi ses pas dans ceux du pire criminel de l’Histoire, toujours docile et soumise, sourde aux fracas des armes et à la douleur des victimes.

Extrait

Et quel bonheur lorsque je me rendis compte que j’étais l’unique invitée. J’étais chez lui. A sa table. Seule. Un domestique en livrée me servit un plat de viande. Le Führer se contenta d’une bouillie de légumes. Cette attention me toucha. Pas de vin mais un cidre léger. Des fleurs sur la table. Des rideaux tirés et une lumière discrète. Il m’offrit en cadeau un très joli béret de couleur rouge. Il multiplia les compliments et me prit plusieurs fois la main. Je le trouvais absolument charmant, mais un peu empressé, comme s’il voulait finir rapidement le repas. Il m’invita à m’assoir près de lui sur le canapé pour boire le café. A peine nos tasses finies, il se pencha et m’embrassa. Sans m’en rendre compte vraiment je me suis retrouvée allongée. J’ai fermé les yeux. Ses mains ont soulevé mes cuisses et j’ai senti une forte douleur dans le bas du ventre. Quelques instants plus tard, il se relevait. Je baissais ma jupe, et dans le noir je l’entendis réajuster ses vêtements. Je restais ainsi, l’esprit vide et les paupières closes, immobile sur le divan, sans savoir quoi dire ni faire. Au bout d’un long moment, il me toucha délicatement l’épaule. J’ouvris les yeux. Je le sentais troublé, le sourire crispé et le regard fuyant. Il me dit : « Pardonnez-moi Fräulein Eva mais je dois maintenant recevoir de la visite. Nous nous reverrons tantôt ». Il m’a raccompagnée jusqu’à la voiture et m’a baisée la main. Sur le chemin du retour, j’ai trouvé dans ma poche une petite enveloppe contenant quelques billets de banque.

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